novembre 18
Travail et vie privée, l’équilibre impossible ?
Par Priscilla le mardi 18 novembre 2008, 11:04 - Tendances - Lien permanent
Après la Charte de la Parentalité, c’est l’Observatoire de la Parentalité en entreprise qui sera inauguré jeudi 20 novembre 2008. L’occasion de se pencher sur une question fondamentale : l’équilibre vie privée/vie professionnelle est-il possible ? En tous cas, le sujet est certes au cœur des préoccupations mais également des politiques territoriales. Et rassurons-nous, de nouvelles solutions émergent…
Concrètement, la Charte de la Parentalité en Entreprise prévoit pour les entreprises signataires entre autres de développer les crèches d’entreprise, de mieux accompagner les congés maternité, ou de « réfléchir » au congé parental pour les pères (c’est toujours mieux que rien…). Car derrière l’ambition de chacun de concilier vie privée et vie professionnelle, la maîtrise du temps social est devenue un véritable enjeu de société.
« Globalisation, accélération de l'économie et des transports, généralisation du travail féminin, (…) sont des facteurs ayant de fortes répercussions sur la maîtrise du temps de chacun » selon Pascaline Gaborit dans l'ouvrage « Genre, temps sociaux et parentés » paru en 2008. Autant de causes qui rendent difficile l’équilibre entre les temps dédiés au travail, à la famille, et ne parlons pas du reste (vie associative, sportive, etc.) ! L’auteure propose, outre des stratégies de conciliation, un aperçu de toutes les politiques européennes mises en œuvre pour pallier à ce problème.
L’heure est aux politiques temporelles
Car si le programme de la charte de la parentalité se penche sur le rythme de vie des parents-salariés, de nombreuses institutions publiques planchent déjà sur les politiques temporelles. « Harmoniser les temps sociaux » pour la ville de Rennes, « la concordance des temps » pour Angers ou « management urbain » pour Lyon qui a son Espace des Temps, les enjeux sont collectifs et passent notamment par des améliorations en termes d’équipements et de services. Concrètement, cela passe notamment par un meilleur accès aux services publics et privés (plus de fluidité dans les horaires) et par des modes de transports mieux adaptés. Plusieurs villes telles que Paris (et ses arrondissements), Rennes et bientôt Strasbourg se sont d’ailleurs équipées d’un Bureau du Temps pour analyser les rythmes de vie de ses usagers.
Au cœur de cette problématique temporelle, le télétravail apparait comme une alternative non négligeable, puisqu’il fait l’objet d’une proposition de loi d’octobre 2008 visant à le promouvoir. Une promotion nécessaire pour un mode de travail qui peine à décoller, puisqu’en 2003, le télétravail représentait seulement 7% de la population active. Il est bientôt fini le temps perdu dans les transports à multiplier les trajets…! Et en plus, c’est écolo ! Comme dit un proverbe chinois : « À qui sait attendre, le temps ouvre ses portes ». Alors attendons de voir.
A consulter : le billet "Comment font-elles ?" sur le blog En aparté, avec de nombreux témoignages de femmes sur le sujet de la conciliation vie privée et vie professionnelle.

Commentaires
Je ne dirais pas que l'équilibre est impossible mais difficile certainement. Je vais prêcher pour ma paroisse et confirmer que le télétravail est un compromis appréciable. Il m'a permis par exemple d'allaiter mon enfant jusqu'à 8 mois (ouf !) sans pour autant avoir d'impact sur mon travail.
Mais :
1/ qui dit télétravail dit confiance (d'un côté) et autonomie (de l'autre)... pas facile... Peu de patrons sont prêts à faire confiance, ils préfèrent l'autonomie sous contrôle. Peu de salariés peuvent se passer du contact social quotidien ou sont assez sérieux pour travailler véritablement et ne pas (trop) en profiter...
2/ je ne pense pas qu'il apporte l'équilibre au vrai sens du terme : il est très facile de tomber dans les extèmes et voir un travail passionnant, prenant ou encombrant prendre beaucoup de place à la maison... et même plus qu'au bureau ! Et oui, pendant que Mr regarde le foot, on a tendance à boucler un dernier dossier. En période de solde, on travaille le soir à la fermeture des magasins. On emmène le fiston à l'ecole, on rentre travailler et on oublie de déjeuner jusqu'à la sortie de l'école...
Je pense que je n'ai jamais autant travaillé que depuis que je fais du télétravail.. Donc l'équilibre n'est pas là. Je n'ai jamais été aussi satisfaite de mon travail ! et l'equilibre est peut être dans l'épanouissement ?
Bon j'arrête parce que je suis intarissable sur le sujet
Merci Priscilla de tous ces billets très intéressants !
Tout à fait d'accord. Le télétravail est présenté comme une alternative mais ne constitue sûrement pas LA solution (à moins d'être encadré, mais là, est-ce encore du télétravail...), car comme tu dis, travailler chez soi, c'est parfois faire déborder le travail sur sa vie privée et là...il n'y pas plus d'équilibre ! Toutefois, c'est aussi à chacun de faire que cela n'arrive pas, (mais plus facile à dire qu'à faire !). Il apporte toutefois souvent un avantage, en présentant des horaires plus flexibles. Du coup, tous n'ont pas le même rythme et se croisent, (les "temps sociaux"), donc moins de temps passé pour chacun dans les transports, aux courses, etc. Enfin c'est ce vers quoi les politiques temporelles doivent un jour nous mener. Mais est-ce vraiment réalisable, c'est la grande question !
D'ailleurs, une interview à ce sujet, celle du fondateur de télétravail.fr :
http://www.femmes-emploi.fr/article...
Je reviens de lire cet article.... Heureusement que le télétravail est plus diversifié que cela et ne se résume pas à la téléprospection qui est un métier difficile et usant que ce soit dans des centres d'appels ou à domicile.
Je ne suis pas d'accord quand Matthieu Billette parle des indépendants qui pour moi sont des professions libérales ou micro entreprises. Les télétravailleurs sont salariés d'une entreprise et non à leur compte.
J'espère qu'il a raison quand il dit que ce concept va prendre de l'ampleur en 2009...
Petit mot pour BJC : si je peux me permettre quelques réflexions (je suis l'auteur de l'article sur femmes-emploi !) , le télétravail salarié peine à se développer (cf. cet article http://www.femmes-emploi.fr/article...) et il se trouve que le télétravail indépendant reste la voie royale pour ceux et celles qui veulent télétravailler. C'est pour cela que j'ai interviewé MB sur cette forme de télétravail. Et il se trouve (là aussi c'est la réalité ) que la grande majorité des offres concerne le secrétariat et la prospection.
Pourtant, nous sommes tous d'accord qu'il existe plein d'autres métiers possibles en télétravail (rédacteur, traducteur, formateur, graphiste, etc.). Mais les offres sont plus rares.
Pour ceux qui ça intéresse, je conseille en dehors du site www.teletravail.fr, le site www.cyberworkers.com.
Peit mot pour Fabrice : merci beaucoup pour le lien !
@ Gaëlle : ma réflexion n'était pas une critique. Et je vous prie de m'excuser si vous l'avez pris comme telle. MB s'est spécifié dans ce domaine et je comprends et je respecte parfaitement son point de vue.
Je dis juste deux choses : il y a des millions d'autres métiers possibles (commerciaux, analystes programmeurs, communicants...). Je pensais mm que les commerciaux étaient le corps de métier le plus représenté dans le télétravail !
et ensuite que pour moi (qui le pratique depuis plus de 10 ans), la présentation de MB du télétravail est détournée de la vérible définition. le télétravail ne concerne que les salariés rattachés à une entreprise, avec un contrat de travail, une CCN...
Wikipédia donne comme définition : Le télétravail, est une organisation du travail par laquelle le salarié exécute régulièrement — et non de manière occasionnelle — les fonctions qu'il exerçait ou pourrait exercer dans les locaux de l'entreprise en dehors de ceux-ci, soit à domicile, soit sans rattachement à un lieu précis, au moins une journée par semaine, en utilisant de manière systématique les technologies de l'information.
Il se distingue du travail à domicile, qui concerne des travaux de façon effectués à domicile et payés à la tâche, sur commandes d'un donneur d'ordre unique. Il ne faut pas confondre le télétravail avec la télévente en centres d'appels, ce que font parfois les statistiques officielles.
Le développement d’Internet et la vulgarisation de l’outil informatique permettent d’avoir une relation d’affaires ou d’emploi sans contrainte d’espace (être présent sur le lieu de travail), voire de temps (décalage horaire).
Virtualégis : L'on entend par télétravailleur salarié la personne qui exécute, de manière régulière, un travail commandé, hors des murs de l'entreprise qui l'emploie et de la présence physique des personnes chargées de contrôler sa production, et ce par la réception et l'envoi régulier de données au moyen de l'outil informatique et des nouvelles technologies de la communication.
Les télétravailleurs sont éloignés, voire très éloignés, de l'entreprise tout en étant "à la disposition de l'employeur", au sens de la législation sur le temps de travail, distants sans être isolés et agissent dans un cadre parfois différent de celui correspondant à celui de la fiche de poste et de l'organigramme (équipes virtuelles).
Donc il me semble qu'à partir du moment où les personnes deviennent indépendantes et non plus salariés, qu'à partir du moment où le télétravailleur doit trouver ses clients-employeurs, on doit parler de freelance, profs. libérales.. des corps de métiers qui existent depuis des lustres et qui n'ont jamais été considérés comme des télétravailleurs. Travailler à la tâche chez soi, et être rémunéré à la tâche, c'est du travail à domicile et non du télétravail (salarié mensuel et éventuellement commissionné). L'amalgamme est souvent fait, également avec le portage salarial.
à BJC : ne t'inquiète pas, je n'avais absolument pas pris ton précédent commentaire comme une critique

Tu as raison de dire que la définition exacte et juridique du télétravail renvoie à une entreprise qui accepte que son salarié travaille de chez lui (en totalité ou partiellement) mais il me semblait également important de savoir qu'aujourd'hui le télétravail (ou plus exactement le travail à domicile, pardon !) se développe essentiellement chez les personnes qui se mettent à leur compte. Sachant également que de plus en plus de salariés se mettent à leur compte pour bosser pour leurs anciens employeurs en cas de déménagement notamment. Donc là, la frontière devient plus tenue...
Je suis tout à fait d'accord sinon avec toi pour dire qu'il existe plein de métiers qui pourraient s'effectuer en télétravail, autre que le sécrétariat et la prospection ...mais les mentalités peinent à évoluer...malheureusement.
En tant que journaliste, j'estimais important d'indiquer aux lectrices de femmes-emploi quels sont les secteurs où elles peuvent trouver le plus d'opportunités de travailler de chez elles !
Mais tu as raison, j'aurais dû être plus précise sur les définitions
Bonne journée !
à BJC, pour info, voici ce que je viens de trouver sur un site :
Définition du télétravail salarié, employé, ou freelance.
Selon l’accord-cadre du 23 mai 2002 signé le 16 juillet 2002 à Bruxelles le télétravail est une « forme d’organisation et/ou de réalisation du travail, utilisant les technologies de l’information, dans le cadre d’un contrat ou d’une relation d’emploi, dans laquelle un travail, qui aurait également pu être réalisé dans les locaux de l’employeur, est effectué hors de ces locaux de façon régulière ». Le télétravailleur se définit comme toute personne qui effectue du télétravail tel que décrit ci-dessus (chômeur, salarié, indépendant, retraité, personne handicapée).
On distingue le télétravail à domicile salarié ou occasionnel, le télétravail mobile et le télétravail indépendant.
Comme quoi... ! ça se discute
Bonjour Gaëlle, l'accord cadre de 2002 conclu dans le cadre de l'Initiative Europe et modifié pour être adapté à la France en juillet 2005, indique bien une relation d'employé à employeur. Donc salarié. La deuxième partie du texte (d'ailleurs hors guillements) est une extension apportée sur Wikipédia et ne fait pas partie du texte de loi.
car le sujet est loin d'être épuisé !
Je consacre mon prochain billet au télétravail et j'espère que vous viendrez y débattre
Pour alimenter le débat un livre gratuit vient de sortir sur cyberworker http://www.cyberworkers.com/book/
“Créer son propre emploi sera l’avenir. Chacun ne sera plus bientôt qu’employeur de lui même, consultant ou employé provisoire d’une entreprise. Le télétravail, si lent à se développer, en constituera une des dimensions essentielles”.
Cet ouvrage a pour objectif de vous rendre rapidement opérationnel en démystifiant de nombreux points sur lesquels il existe encore peu de sources d’informations et de modèles de réussite.
Télétravail : les clés de la réussite.
Gratuit - format PDF 3 200 Ko - 80 pages
N’hésitez pas à distribuer ce livre autour de vous.
Adresse à communiquer : http://ww.cyberworkers.com/book
Merci infiniment pour le lien et ta confiance
Cyril est venu faire sa pub sur mon billet également... la même pub impersonnelle... je lui ai répondu.
Je regrette que l'amalgamme soit fait entre les télétravailleurs salariés et les freelance, professions libérales... aux bénéfices de sociétés commerciales de portages et autres. La législation confirme bien que le télétravail est avant tout une relation d'employeur à salarié, une organisation de travail au sein d'une entreprise et non un libéral qui exerce chez lui pour un client. Je regrette également toute cette paranoïa que l'on instaure autour de cette nouvelle legislation à des fins uniquement commerciales.
Il est très agréable d'être salarié télétravailleur, c'est même un statut très valorisant car finalement l'employeur vous emploie pour vos compétences plus que pour votre présence. Pourquoi aller chercher une communicante à Marseille quand on peut la trouver à Paris ? Si ce n'est pour ces compétences ?
Devenir auto entrepreneur OK. Se faciliter la vie, la comptabilité, la prospection... en passant par le portage salarial ou des portails comme CyberWorkers Ok mais cela a un cout.
Personnellement je préfère défendre le télétravail originel, celui qui vous lie à un employeur par un contrat de travail et un salaire. Et j'invite tous les demandeurs d'emploi qui s'en sentent capables de proposer cette méthode de travail à l'entretien d'embauche.