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Travailler en vacances, est-ce bien raisonnable ?
Par FmR le vendredi 7 août 2009, 14:30 - Tendances - Lien permanent

Travailler plus, toujours plus jusqu'à l'overdose... et même pendant les vacances ? Apparemment c'est plus fréquent qu'on ne pense. Selon un sondage d'Hôtels.com, près de deux tiers des Français avouent ne pas décrocher du boulot pendant les congés. En gardant le contact avec l'ordinateur portable au coin de la serviette ou le Blackberry dissimulé dans le maillot de bain. Selon ce sondage, plus de 50% des personnes interrogées reconnaissent ainsi regarder leurs e-mails professionnels plusieurs fois par semaine...
"Gagner du temps avant de rentrer au bureau"
Principale motivation pour rester connectés, se tenir au courant bien sûr mais aussi, pour plus de 36% de ces Stakhanovistes balnéaires, "pour gagner du temps quand on rentre au bureau". Car ce n'est pas nouveau et ce phénomène s'est accentué avec la crise, beaucoup de salariés (en particulier les cadres) connaissent actuellement une surcharge de travail. De 20 à 30% de travail en plus selon les régions rarement compensé par des embauches ou des missions intérimaires à cause du gel généralisé des recrutements.
Seule solution donc pour ne pas être dans le jus à la rentrée, "se tenir au jus" depuis son lieu de villégiature, quitte à se mettre toute la famille à dos. C'est assez rare (3% selon le sondage) mais le fait de continuer à travailler pendant les vacances peut provoquer des disputes. Et dans 1% des cas mener au divorce !
Travailler sur un volcan ou dans la brousse
Mais le travail en vacances c'est parfois l'aventure. Comme en témoigne une partie des sondés à qui il est arrivé de "piloter un dossier depuis les pentes de l'Etna", de faire des "kilomètres en taxi-brousse pour trouver un cybercafé lors d'un voyage en Afrique". Et parfois cette obstination peut friser le drame. En voyage au Portugal un couple raconte avoir été tellement absorbé sur leurs PC dans un cybercafé, qu'ils ont perdu de vue leurs enfants "qui n'avaient pas trouvé mieux que d'aller jouer sur la plage". Quelle idée aussi d'aller à la plage pendant les vacances !
Enfin, signe qu'un certain sens des priorités surnage tout de même, une personne interrogée pour ce sondage a fait tomber son téléphone dans la piscine en voulant "sauver un enfant". L'histoire s'est bien terminée "il a remarché comme si de rien n'était".
Arrivé à ce stade, décrocher pendant les vacances ce n'est peut-être pas du luxe.
- Crédit photo : Brian U.
A lire aussi sur Le Monde.fr les témoignages de "Workaholics".



Commentaires
Pour moi les vacances c'est sacré...!
Pendant longtemps, j'ai fait partie de ces barges de boulot. Y compris en arrêt maladie, ce qui ne m'est arrivé qu'une fois en plusieurs années, arrêt pendant lequel j'ai passé plus de temps au téléphone ou derrière le PC qu'à récupérer de l'épuisement dans lequel je me trouvais.
Quand j'y repense, je suis atterrée d'avoir ainsi pu être connectée à mes dossiers 24/24 - 7/7 à m'en faire exploser les neurones.

Hééé bééé ... cet été ... rien du tout ... nada ... dalle ... téléphone pro éteint, ni connexion à ma boîte mail bureau, ni contact avec les uns ou les autres encore à l'usine. On verra en rentrant ce qui s'est passé et ***** (chuuuut ... ne pas le dire trop fort des fois que ... ). Je ne suis absolument pas indispensable et je le prouve
Avec le taux d'absentéisme lié à la grippe A, attendons nous à ce qu'il y ait une généralisation officielle du télétravail ! Encore qu'un petit 40 de fièvre devrait calmer les ardeurs des plus convaincus que la terre ne peut pas tourner sans eux
Pour ces accros (car c'est addiction), espérons que l'industrie pharma produira toujours plus d'anti-dépresseurs et que les structures HP seront renforcées.
Est ce vraiment un choix que de travailler le weekend, pendant les arrêts maladie, ... ? Rester connecté permet d'être efficace, de suivre les dossiers, ... et de (parfois) se distinguer de son collègue qui en période de crise se transforme en un sérieux concurant. Pour certains ce n'est donc pas un choix (accro au travail) mais une façon de défendre leur Job et ça arrive bien plus souvent qu'on le croit. (?)
Non cela n'est pas très raisonnable ! De plus, déconnecter permet de reprendre le travail avec les idées claires, le regard neuf !
Abderrahman, je suis d'accord avec vous sur le fait que beaucoup n'ont pas le choix. Encore que ... nous avons toujours le choix, y compris celui de ne pas choisir. Je me suis moi-même perdue dans cette spirale, comme d'autres collègues. A de rares exceptions près qui appartenaient déjà au sérail, cela n'a guère changé la situation si ce n'est que nous avons dû fournir toujours plus de travail. C'est un peu le principe du commercial qui dépasse son quota par un travail de forcené, quota qui sera augmenté en conséquence l'année suivante et ainsi de suite ... jusqu'au burn-out.
) stipule que le droit à congés payés est destiné à permettre au salarié de se reposer de son travail. Ce droit à congés payés a pour corollaire l’obligation du salarié de se reposer et donc l'interdiction de travailler pendant les congés payés.
Outre les conséquences que cela entraîne sur la vie personnelle et la santé, je rejoins le commentaire de Kiwi en cela que notre vision finit par s'obscurcir. Je pose la question en terme de gestion de ressources humaines : est-il préférable de pressurer un salarié jusqu'à ce qu'il en sorte un mauvais jus (après tout, le Pôle emploi nous fournira la main d'oeuvre de remplacement) ou lui permettre de se reposer dans d'excellentes conditions pour pouvoir le moment venu fournir l'effort nécessaire et un travail de qualité ? Tout ça au risque de voir les indicateurs de climat social se détériorer ? Cette politique que je qualifierai de fuite en avant est peut-être jouable dans des secteurs qui ne tournent pas à flux tendus sur le marché de l'emploi. Dans les activités requiérant des compétences pointues pour lesquelles les candidatures ne sont pas pléthore, je vous assure que nous préférons des salariés en bonne santé, efficaces et avec une couche de frustration minimum plutôt de perdre beaucoup de temps (et donc beaucoup d'argent) à recruter des CDD ou des intérimaires pour pallier les arrêts maladie. Sans parler de l'image de l'entreprise à l'extérieur qui finit toujours par en prendre un coup.
Décidément, je crains que nous n'ayons rien appris des mois qui viennent de passer. C'est le cas pour les pratiques bancaires et il semble que ce soit le cas pour les pratiques managériales. Pour paraphraser Attali dans une intervention récente, si la bulle qui vient de nous éclater à la figure a été destructrice en emploi et en appareil de production (et bravo à ceux qui ont bien profité du système jusque dans sa perversion), celle qui nous attend fera sans doute bien plus de ravage. Si faire de l'ironie pouvait encore me donner quelque satisfaction dans les circonstances, je dirai qu'effectivement nous avons trouvé une solution au problème des retraites ... qui disparaîtra faute de combattant.
En dernier lieu, je rappellerai que le code du travail (il existe encore je pense
De surcroît, l’article D. 3141-2 du Code du travail dispose que le salarié qui accomplit pendant sa période de congés payés des travaux rémunérés, privant de ce fait des demandeurs d'emploi d'un travail qui aurait pu leur être confié, peut être l'objet d'une action devant le juge d'instance en dommages et intérêts envers le régime d'assurance chômage. L'employeur qui a occupé sciemment un salarié bénéficiaire d'un congé payé peut être également l'objet, dans les mêmes conditions, d'une action en dommages et intérêts.
Oui, décrocher pendant les vacances, ce n'est pas du luxe... Mais il y a en un qui n'y arrive pas du tout...
Personnellement c'est très compliqué de me départir de mon travail même pendant le week end. Mais je pense que ça dépend du travail effectué en général.
Les métiers liés à l'information demandent une attention de tous les instants parfois on peut même parler d'une seconde nature.
Donc vacances ou pas c'est très difficile d'être débranché.
Pour ma part cela fait quelques mois que je me suis installée en tant qu'indépendant, et en effet le travail en vacances est un des ecueils dans lesquels je me suis jettée.
Je comprends assez les salariés qui disent bosser en vacances pour garder leur boulot, mais alors indépendant l'idée c'est que "si je ne travaille pas, je ne gagne rien" d'autant plus dur alors de mettre entre parenthèse les projets en cours pendant quelques jours...
J'allais même jusqu'a travailler du lundi au dimanche (mais jamais au dela de 20h... contrat moral avec moi même) profitant du fait que mon compagnon n'était pas souvent là et qu'il a facilement des jours de repos décallés.
Le bilan a été simple, malade, bien comme il faut, incapable de reflechir ou de faire quoi que ce soit... depuis je ne prends toujours pas beaucoup de congés, mais je planifie mes repos et mes week-ends... au même titre que mes démarchages clients/facturations et reportages. Comme ça c'est écrit c'est écrit, et je me tiens éloignée de mon ordinateur car si je l'allume pour faire du perso, je switcherai sur du pro sans m'en rendre compte...