octobre 26
Le plafond de verre, un mythe ?
Par Priscilla le lundi 26 octobre 2009, 16:07 - L'emploi au féminin - Lien permanent
Une part importante de femmes n'aurait tout simplement pas l'ambition de faire carrière selon la journaliste néerlandaise Marike Stellinga, auteur du récent ouvrage "Le mythe du plafond de verre". Un coup de pied dans la fourmilière qui risque de ne pas faire l'unanimité auprès de la population féminine, en particulier auprès des féministes.
Mais en bonne économiste, Marike Stellinga apporte des chiffres pour étayer cette hypothèse. D'après son enquête, "au moins 70% des femmes ne sont pas disposées à produire tous les efforts nécessaires pour atteindre le top". Loin de faire des conclusions trop hâtives, l'auteur précise que bien évidemment, les femmes qui font tout pour atteindre le top y parviennent. Sauf que pour les trois quarts des femmes, faire carrière ne constitue pas une priorité.
"Ce que veulent les femmes"
Mais Marike Stellinga va plus loin et souhaite que l'on cesse de confondre "idéologie féministe" et réalité. Pour elle, le féminisme va bien souvent "à l'encontre de ce que la majorité des femmes veulent". Pourquoi faudrait-il que les femmes se comportent de la même manière que les hommes ?
Plusieurs études l'ont déjà démontré, l'attitude des femmes face aux perspectives de carrière est différente de celles des hommes. La plupart privilégient leur vie de famille au détriment de leur carrière. Mais pour Marike Stellinga, les femmes ne sont pas pour autant victimes de la société ou dénuées d'ambitions. Elles font leur choix, tout simplement. Le constat est douloureux. Mais pour Marike Stellinga il se résume ainsi : "laissez les femmes libres de mener leur existence comme elles l'entendent, voilà ce qu'elles désirent". Une conclusion un peu simpliste qui pourrait avoir un écho si l'égalité professionnelle hommes-femmes était déjà véritablement effective au sein de chaque entreprise.
"De mythe van het glazen plafond" (disponible seulement en néerlandais pour le moment) de Marike Stellinga, aux éditions Balans, septembre 2009, 224 pages, 15 Euros.



Commentaires
Il faudra que je lise ce livre (enfin quand il sera traduit pass'que le néerlandais, ce n'est pas trop ma spécialité !).
Il s'agit en tout cas d'un sujet délicat et subtil sur lequel il est difficile d'avoir des positions tranchées ou simplistes (dans un sens ou dans l'autre d'ailleurs).
Bon, avec cela, je ne fais pas tellement avancer le débat
@ Priscilla,
Très simpliste comme vision... Par ailleurs, qu'une femme soit moins ambitieuse qu'un homme et surtour moins c.... C'est pas plus mal !
Ne devrait-on pas donner la possibilité ou tout du moins favoriser les conditions de travail pour que les femmes ou les hommes puissent concilier vie de famille et ambition professionnelle ?
Mais plus encore l'ambition professionnelle se résume t-elle à obtenir un poste à responsabilité et passer 15 heures au travail ? Je me pose réellement la question....
Pour échanger avec vous sur ce sujet...
@Laurent : Pour le moment il semblerait que dans la plupart des familles, l'ambition ne soit possible seulement pour un seul des deux conjoints, et ce sont plus souvent les femmes qui en font les frais. Vous pointez du doigt le problème majeur : la possibilité pour chacun, homme ou femme, de concilier vie familiale et professionnelle plus facilement, chose possible s'il existait une véritable politique autour de la parentalité dans chaque entreprise. Sujet que nous avions traité il y a quelques temps (http://redaction.blog.regionsjob.co...)...
Très intéressant... Merci Priscilla
Sais-tu si l'enquête de l'auteure concerne aussi les femmes françaises ?
@Corinne : c'est là le problème, rien n'est précisé dans la dépêche, mais je pense qu'elle a effectué son étude auprès de femmes néerlandaises. Espérons que la version française sorte un jour...
Pas d'"ambition" dans le capitalisme, en fait. Il faut le dire... Celle qui ont de l'ambition ne sont donc pas neutres socialement. Il est de plus en plus observable, en fait, qu’il existe un féminisme de droite
http://ysengrimus.wordpress.com/200...
Nier cette sorte de « consécration » sociale du féminisme, c’est quand même un peu se mentir…
Paul Laurendeau