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d'emploi

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juin 13

Petit détour par le halo du chômage

panneau.jpgIntéressant télescopage dans l’actualité de l’emploi cette semaine. Alors que le conseil des ministres approuvait mercredi le projet de loi «relatif aux droits et aux devoirs des demandeurs d’emploi», qui durcit les sanctions contre les chômeurs refusant deux offres «raisonnables», un rapport du Conseil national de l'information statistique (le Cnis) apportait un éclairage nouveau sur le chômage.

Nouveau pas tout à fait, mais au moins c’est officiel, il existe un « halo du chômage ». En clair, près de 600.000 personnes non indemnisées : les personnes inactives souhaitant travailler, celles en temps partiel subi qui veulent « travailler plus » et les personnes qui ne sont pas satisfaites de leur emploi... (lire l'article de l'Express)
Cela fait longtemps que de nombreux experts et associations parlent de ce halo, jamais comptabilisé dans les statistiques. Une manière de dire que le traitement du chômage basé sur un seul indicateur (le taux de chômage de la catégorie 1) ne s'attaque qu'à une petite toute partie de la réalité quotidienne du mal-emploi. Et qu’on ne peut se satisfaire de sa baisse (due en partie à une conjoncture démographique favorable et aux radiations massives), sans tenter de voire plus loin, la complexité des faits. Cette complexité porte un nom, c’est le halo du chômage. Pas vraiment une galaxie inconnue qu’on viendrait de découvrir, mais plutôt un phénomène mystérieux que des outils inadaptés nous empêchent d’observer.
Eh oui, il y aurait de la vie dans le halo du chômage. Pas des extraterrestres, juste des gens comme vous et moi, oubliés des projets de loi.

février 20

Augmentation du pouvoir de rachat

500euros.jpgTout le monde attendait un coup de pouce en faveur du pouvoir d’achat, finalement c’est le pouvoir de rachat qui prend la main : rachat des années d’études pour la retraite, rachat des RTT et maintenant rachat du droit de grève avec cet exemple d’une entreprise du Sud-Ouest qui propose 1000 euros aux salariés qui s’engagent à ne pas faire grève dans l’année. Bien sûr les employés peuvent changer d’avis et faire grève, mais ils devront alors rembourser la somme.

Une atteinte au droit de grève ? Un dû que l’on donne mais qui peut être repris… Un doigt de calcul dans le droit du travail ? Moi je dis pouce !

On dirait qu’un malentendu s’est glissé dans le dialogue social. La demande portait sur le pouvoir d’achat, pas sur le pouvoir de rachat. Une affaire de mots, une lettre qui change et le compte n’est plus bon. Acheter un droit, ça ne manque pas d’air. Céder ses droits pour de l’argent, ouvrir sa porte à la monnaie, c’est aller droit dans le mur.

Le seul moyen d’augmenter ses revenus se résume aujourd'hui à faire des heures supplémentaires, ne plus prendre de congés, ni de RTT et ne plus faire grève. Au moins la réputation des salariés français à l’étranger y gagnera un profit : finie l’image du fainéant-toujours-en-grève. Il n'y aura plus qu’à se racheter une conscience et tout sera parfait dans le meilleur des mondes. A défaut de droit, il nous restera toujours un doigt à lever...

février 7

Internet nuit gravement à la productivité

C’est maintenant évident, Internet sert uniquement à faire perdre du temps aux honnêtes travailleurs. Inutile d’y voir un complot, comme pour le Tetris suspecté d’avoir été inventé par les scientifiques de l’ex-URSS pour réduire à néant le bloc capitaliste… Non, les faits parlent d’eux-mêmes :

  • D’abord la folie des LipDub, ces films de bureaux tournés en plan-séquence où les employés chantent en playback sur un tube plus ou moins bien choisi. L’un des derniers en date, et l’un des plus réussis aussi, est un monument de mise en scène. On n’ose imaginer le temps de préparation de ce clip d'Awak'iT justement intitulé, comme la chanson de Pink Martini qui sert de fond sonore : « Je ne veux pas travailler ».
  • Autre passe-temps chronophage qui nuit gravement à la productivité, les jeux sur Internet. Le supplément Ecrans de Libération vient d’ailleurs d’ouvrir une section dédiée à ces jeux qui nous font perdre du temps au bureau. Avec un slogan bien dans le ton actuel : « Jouer plus pour travailler moins ».
  • Mêmes les logiciels de bureautique les plus sérieux prennent de drôles de couleurs. Excel, Word et Power Point sont maintenant utilisés pour faire de l’art. Il y a même une galerie en ligne avec les plus belles réalisations : Art of office (très bon jeu de mot avec Out of office !). Maintenant que les artistes se mettent au pack Office, le capitalisme a du souci à se faire.
  • Ajoutons pour finir tous les nouveaux outils communautaires 2.0, ou autre Facebook-émissaire, qui servent d’excuse pour faire autre chose que travailler. Résultat, la journée-type de l’employé lambda, (brillamment décrite sur le site du e-consultant), laisse peu de place à la productivité.

Maintenant, vous avez compris : si le PIB bat de l’aile et que la crise guette, c’est la faute d’Internet !

janvier 18

« Burnout », le syndrome d’épuisement au travail

Burnout.jpgLe Burnout, ou épuisement professionnel, est un syndrome lié au stress dans le cadre du travail. Un état psychologique qui touche plus particulièrement certaines professions ou la pression et l‘obligation de résultats sont intenses. Le Burnout n’est pas un phénomène nouveau, le terme apparaît dès 1969 avant d’être plus précisément défini en 1974 par le psychanalyste américain Herbert J. Freudenberger, qui lui, parle de « Burn-Out Syndrome » pour les personnels des cliniques spécialisées dans le traitement des toxicomanes. Depuis ce cas extrême où les employés sont très investis émotionnellement dans leur travail, le syndrome du Burnout a trouvé des échos dans d'autres situations plus communes de la vie en entreprise. Sans aller jusqu’à la version japonaise de «mort au travail» (karoshi), le Burnout est un état à prendre en compte dans le cadre de l’amélioration des conditions de travail.

Comme souvent dans les cas de détresse psychologique, la prévention et la détection des personnes les plus exposées permet de mettre des mots sur ce genre de maux et souvent d’éviter le pire. Les symptômes sont identifiables, repérer les situations à risque favorise également la prise de distance.

Les personnes surinvesties dans leur travail, savent ce que c’est de démarrer chaque journée de boulot sur les chapeaux de roues. Le syndrome de Burnout, s’il est encore méconnu dans notre pays, est fréquemment évoqué dans les pays anglo-saxons. Ce syndrome professionnel pose beaucoup de questions sur notre rapport au travail. Les cas récents de mal-être au travail, de dépression, voire de suicides, appellent des réponses adaptées. Trouver un équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, aménager des horaires plus flexibles, développer le télétravail sont des pistes à explorer. Mais avant tout, pour que les gens se sentent bien dans leurs postes (plutôt que d'être droits dans leurs bottes), il faut bien définir leur mission, éradiquer le harcèlement sous toutes ses formes et inciter à une meilleure reconnaissance au travail. Vaste programme !

Tout cela n’est pas très gai je vous le concède, mais c’est un enjeu important pour une société capitaliste où la valeur travail l’emporte trop souvent sur les valeurs humaines.

Si vous voulez en savoir plus sur ce syndrome du Burnout et éviter de vous cramer au taff à coups d'heures supplémentaires, voici quelques liens :

janvier 3

Le travail à la Une en 2008

courrierInternational.jpgL’année 2008 commence, tous mes vœux de réussite et une forme olympique pour toutes et tous… Comme en 2007, le travail et la valeur travail seront au centre des débats. Première illustration avec le nouveau numéro de Courrier International qui titre, un brin subversif, «Travailler moins pour gagner moins et vivre mieux».
Un dossier sur la décroissance tout à fait d’actualité en cette période d’après fêtes marquée par une surconsommation massive et un gavage presque généralisé. Au sommaire de ce numéro donc, la décroissance volontaire, le repos sabbatique écologique, l’année sans achats et un éloge de la récession. Que du politiquement incorrect pour bien commencer l’année.

octobre 5

Les Français sur le podium… de la productivité

Les travailleurs français ont souvent mauvaise presse à l’étranger : les 35 heures tatouées sur la peau, la grève toujours en étendard, les pauvres frenchies seraient à la ramasse au niveau de la performance…


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septembre 27

Le code du travail simplifié

code_dalloz_travail.jpgLe ministère du Travail vient de l’annoncer : à partir du 1er mai 2008 le code du travail sera simplifié. Simplifié c’est-à-dire ?

D’après le communiqué officiel, c’est clair : le code du travail nouveau comptera «3652 articles, contre 1891 dans l'ancien». A première vue, la simplification ne saute pas aux yeux, sauf que dans la nouvelle version, les articles seront de 416 caractères en moyenne (contre 894 dans l'ancien). Il suffisait d’y penser : couper chaque article d’une moitié cela donne deux fois plus d’articles de lois, mais deux fois plus courts ! C’est le premier objectif de cette nouvelle mouture rendre le code du travail «plus accessible» au commun des mortels.

Pour preuve les termes employés sont « des mots d’aujourd’hui », dixit le Ministère :

« Un effort particulier de rédaction a été réalisé afin d'utiliser les mots d'aujourd'hui, en actualisant la terminologie. Par exemple, la notion de délai-congé a été remplacée par la notion désormais plus courante de préavis. De même, on ne parle plus de résiliation, mais de rupture du contrat. Plus généralement, un seul mot est désormais utilisé pour viser une même réalité, là où des termes différents étaient parfois employés ».

Si vous êtes perdus, tout est prévu, les utilisateurs du code du travail pourront en effet disposer « de deux tables de correspondance anciens/nouveaux articles et nouveaux/anciens articles ». Le communiqué précise même : « La première table (anciens/nouveaux) permet d'identifier le devenir des anciens articles législatifs dans le nouveau code du travail. Ces articles ont pu faire l'objet de scissions, d'une fusion, d'un reclassement, d'une abrogation ou encore n'ont pas été repris ». Quant à la deuxième table « elle permet de retrouver l'origine des articles du nouveau code du travail. Ceux-ci proviennent le plus souvent de l'ancien code du travail ». Comme quoi faire du neuf avec du vieux, c'est super simple !

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